République du Freelance — Direction des Tarifs DignesGuide pratique

Guide 03 — Calendrier réaliste

Combien de jours peut-on vraiment facturer ?

Le nombre de jours facturables est la variable qui fait basculer tout le calcul. Une hypothèse trop optimiste peut rendre un tarif insuffisant, même avec un bon chiffre d’affaires sur le papier.

Lecture : 7 à 9 minutes · Mise à jour : juillet 2026

Une année de freelance ne compte pas 250 journées vendues

Une année compte environ 260 jours du lundi au vendredi. Ce chiffre est utile pour un calendrier, pas pour prévoir un chiffre d’affaires. Il comprend vos congés, les jours fériés, les tâches administratives et toutes les périodes où vous cherchez la mission suivante.

Retirer d’abord les jours où vous ne travaillez pas

Les congés d’un freelance ne sont pas payés par un employeur. Ils doivent être financés par les journées facturées le reste de l’année.

Avec cinq semaines de congés et quelques jours de marge, une trentaine de journées peut déjà disparaître du calendrier.

Retirer ensuite le travail invisible

Une journée consacrée à un devis n’est pas une journée de repos. Pourtant, elle n’est pas toujours facturée. Même chose pour la prospection, les relances, la comptabilité ou la préparation d’un contrat.

Une demi-journée de gestion par semaine représente environ 23 jours sur une année de 46 semaines travaillées. Ce temps doit être payé par les autres journées.

Prévoir les espaces entre les missions

Les missions ne s’enchaînent pas toujours le lundi matin suivant. Un client reporte, un budget tarde ou un contrat commence deux semaines plus tard. Plus les missions sont courtes, plus ces espaces peuvent peser.

Un freelance qui travaille sur un contrat long peut parfois facturer 180 jours ou davantage. Celui qui vend des interventions de quelques heures peut travailler toute l’année tout en facturant beaucoup moins de journées complètes.

Trois hypothèses utiles

Scénario prudent : 120 à 140 jours

Adapté à un lancement, à de petites missions ou à une activité qui demande beaucoup de prospection.

Scénario réaliste : 145 à 170 jours

Souvent pertinent pour une activité installée, avec des missions régulières et une part normale de gestion.

Scénario très rempli : 175 à 200 jours

Possible avec une mission longue, une excellente visibilité commerciale ou une organisation très structurée. Ce scénario laisse peu de place aux imprévus.

Ces fourchettes ne sont pas des règles. Elles servent à éviter de bâtir son tarif sur une année parfaite qui n’existe pas.

Faire le calcul semaine par semaine

Une méthode simple consiste à partir des semaines réellement travaillées, puis à multiplier par le nombre de jours que vous pensez pouvoir vendre chaque semaine.

Jours facturables = (52 − semaines non travaillées) × jours facturés par semaine

Vous prévoyez huit semaines sans facturation au total et quatre jours vendus par semaine :

(52 − 8) × 4 = 176 jours facturables.

Avec seulement trois jours vendus par semaine, le même calendrier tombe à 132 jours.

Pourquoi une petite erreur change beaucoup le TJM

Supposons que votre activité doive générer 60 000 € sur l’année.

Le revenu annuel ne change pas. Seule l’hypothèse de jours vendus change. C’est pour cela qu’un TJM apparemment « trop élevé » peut simplement être le résultat d’un calendrier honnête.

Suivre ses vrais chiffres après quelques mois

Au lancement, vous travaillez avec une estimation. Ensuite, notez chaque mois les jours facturés, les journées de gestion et les périodes sans mission. Au bout de six à douze mois, vous disposerez d’une base bien plus fiable que n’importe quelle moyenne trouvée en ligne.

Ce suivi permet aussi de décider où agir : augmenter le prix, chercher des missions plus longues, réduire le temps administratif ou améliorer la prospection.

Faire le calcul avec vos chiffres

Le calculateur reprend votre revenu visé, vos frais, votre statut et vos jours réellement facturables.

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